• Diagnostic simple et rapide
Les choses ont radicalement changé. Les urologues, de même que l'Académie de médecine, recommandent désormais un diagnostic précoce de cette maladie qui évolue le plus souvent lentement et toujours silencieusement.
«Nous enrageons lorsque nous arrivons trop tard pour pouvoir utiliser les nouveaux traitements capables de guérir la maladie», se désespère le professeur Philippe Mangin, président de l'Association française d'urologie (AFU) et chef du service d'urologie du CHU de Nancy.
Aujourd'hui, le dosage du PSA (antigène prostatique spécifique), un nouvel outil diagnostic rapide et peu coûteux, permet de déterminer par une simple prise de sang la probabilité de développer ce cancer.
• Les bienfaits du dépistage
Une étude canadienne, menée auprès de 45 000 hommes, confirme que le dépistage divise par trois la mortalité par cancer de la prostate. Une enquête menée au Danemark estime que la mise en place d'un traitement fait gagner 8,6 années d'espérance de vie aux hommes ayant entre 55 et 64 ans (5,5 ans entre 66 et 75 ans).
«En pratique, tous les hommes de 50 à 75 ans - et même plus tôt en cas d'antécédents familiaux - devraient bénéficier d'un dépistage systématique annuel, associant le dosage de PSA et un toucher rectal, examen banal moins désagréable que redouté», affirme avec conviction le professeur Mangin.
C'est loin d'être le cas aujourd'hui, et c'est bien dommage, car les équipes médicales disposent de traitements efficaces pour contrer la maladie.
Des armes contre le cancer
Outre la chirurgie, le cancer de la prostate peut être combattu par radiothérapie, curiethérapie ou ultrasons. Le point sur les traitements utilisés aujourd'hui.
• La chirurgie
Longtemps traumatisante, la chirurgie permet actuellement de préserver l'érection dans un grand nombre de cas et épargne les sphincters, donc les risques d'incontinence. Testée depuis cinq ans par quelques équipes françaises avec des résultats prometteurs, l'ablation pourrait bientôt être pratiquée couramment par cœlioscopie (cinq incisions minuscules).
• La radiothérapie
Grâce aux progrès de l'imagerie médicale, la radiothérapie - plus ciblée - est aujourd'hui moins agressive pour les tissus voisins.
• La curiethérapie
Utilisée en France depuis 1998 et proposée dans une quinzaine de centres hospitaliers, la curiethérapie consiste à placer dans la prostate des implants d'iode radioactifs de la taille d'un grain de riz pour détruire les petites tumeurs localisées. «Cette méthode donne de bons résultats à cinq ans et limite le risque de séquelles, mais elle n'évite pas toujours les récidives, qui sont alors plus difficiles à soigner», met en garde le professeur Mangin, président de l'Association française d'urologie (AFU) et chef du service d'urologie du CHU de Nancy.
• Les ultrasons focalisés de haute intensité (Hifu)
Mise au point à l'hôpital Edouard-Herriot, à Lyon, en collaboration avec une unité Inserm et la société Edap-Technomed, l'utilisation d'ultrasons focalisés de haute intensité (Hifu) permet depuis quelques années de détruire les cellules malignes par chaleur intense, sans irradiation, tout en préservant les organes voisins.
OPÉRATION DE LA PROSTATE: halte aux idées reçues
Le professeur Guy Vallancien désamorce quelques idées reçues sur les traitements du cancer de la prostate.
• Après une opération de la prostate, le sperme disparaît
FAUX : il y en a toujours, mais l'éjaculation extérieure se transforme en éjaculation rétrograde. C'est-à-dire que le sperme repart dans la vessie. On n'en meurt pas et on n'en devient pas idiot ! Il faut seulement prévenir le malade de ce phénomène avant l'opération.
• L'opération de la prostate rend impuissant
FAUX : cela n'a strictement rien à voir. L'impuissance, liée à une cause mécanique, est exceptionnelle. Elle provient souvent chez des personnes mal dans leur peau. Elle peut aussi signifier qu'il existe une maladie sous-jacente responsable de cette impuissance. Comme le diabète notamment. L'alcool et le tabac sont également impliqués.
• On dépiste plus d'adénomes de la prostate en ville qu'à la campagne
VRAI : le citadin consulte beaucoup plus tôt que le campagnard ! La première catégorie d'hommes souffre d'une envie pressante, coincée dans les embouteillages. La seconde trouve toujours un arbre à sa portée.
• L'hypertrophie bénigne de la prostate entraîne l'apparition d'un cancer
FAUX : il n'existe aucune relation entre le fait d'avoir un adénome, opéré ou pas, et l'apparition d'un cancer. Mais ce type de cancer étant le plus fréquent chez l'homme après 60 ans, un diagnostic précoce donne de meilleures chances de guérison. Lors de la consultation annuelle, en même temps que le toucher rectal, le médecin fera pratiquer un dosage du PSA.
Source: notretemps.com
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